Trail des Citadelles (19 avril 2015)

Le 1er gros objectif des deux Jean-Louis pour obtenir la qualif à La Diagonale des Fous est d'arriver au bout du Trail des Citadelles. Ce 1er Trail longue distance de la saison avec ces 71km et 3400m de D+ permet d'obtenir 105 points pour 85 nécessaire au Grand Raid de La Réunion.

Notre 3e compère pour La Réunion, Manu, collègue de Jean-Louis H, du Portet Athlétic Club et trailer émérite déjà qualifié avait décidé de nous amener sur un rythme calculé permettant d'être conforme aux barrières horaire.

Les Citadelles de l'Oso

La veille 

Avec 3 collègues, nous avions décidé de dormir sur place pour gagner 1h précieuse de sommeil.

Une nuit au pied de la citadelle de Montségur, une bonne bière artisanale bio du coin et la pasta party nous ont mis dans l'ambiance Cathare.

Dodo au pied de la Citadelle

 

La Grand Bison

 

Le jour J

Tout commenca par un rendez-vous loupé sous la tente de départ. La nuit aidant, la pluie battante et les frontales éblouissantes ne m'ont pas permis de retrouver mes collègues et mon président laissés 10 minutes avant à la sortie des voitures.

Juste avant le départ j'aperçois d'autres amis du PAC positionnés sur le devant, je me décide de les rejoindre en me disant qu'en partant dans les 1er, mes poissons pilotes finiront bien par me rattraper.

Le départ est donné à 6h pile sous une grosse pluie qui dure depuis 2h du mat, je m'imagine à l'avance l'état des sentiers. Avec mon niveau, l'avantage de partir devant est que vous êtes repris par beaucoup de monde mais la trainée de frontales suiveuses est motivante. J'avance d'un bon petit rythme en me rappelant les consignes de Manu, il faut arriver à Montségur (42km) encore frais.

J'ai comme 1er objectif le ravito de Bélesta au km 17 avec si possible 1/2h d'avance sur les 3h de la barrière. Au km 6, sommet de la 1er difficulté, toujours pas de poisson en vue, je suis inquiet, suis-je trop vite?

Heureusement vers le 8e, juste au levé du jour après avoir rangé ma frontale, je reconnais les voix des 2 pipelettes Manu et El président accompagnés de mes 3 autres collègues. Je suis soulagé, tout est revenu en place.

Je sens bien que le président est sur la retenue, mais il respecte les consignes et ne veut pas jouer avec le feu. On atteint le 1er ravito en 2h25, pile poil comme prévu. Après le plein d'eau et bien rassasié, on repart sur le même rythme jusqu'au prochain ravito situé à 15km.

Au km 20, on entre dans une belle forêt avec un panneau recommandant le "Silence car des oiseaux nichent". C'est le moment que nos pipelettes choisissent pour s'exclamer de plus belle. Pris par leur conversation, ils sont passés sous le panneau sans le voir. Ce n'est pas grave, les oiseaux en ont profité pour apprendre une histoire drôle.

A 2 ou 3 km du ravito 2, je n'ai plus d'eau. Je suis très étonné d'avoir déjà siflé mes 1,5L. Un spectateur me donne une petite bouteille de 1/2l qui me permet de rejoindre le ravito avec 1h d'avance sur la barrière horaire. C'est une bonne chose, on peut se parer d'un petit pépin. La descente et un peu de plat aidant, v'la ti pas que le Président, sans s'en rendre compte, nous a pris 3' d'avance. On arrive au ravito qui dure un peu et pour ne pas prendre froid, il repart avant nous. C'est le début de sa belle remontée.

Les 12km qui suivent sont éprouvants, on passe par le sommet de la course, la Citadelle de Montségur ou nous avons la grande surprise de voir Etienne, malgré le sale temps, venir nous encourager à ce sommet du sentier Cathare. Il nous a rechauffé le coeur. Pendant notre montée, on croise Le Président qui redescent en nous ayant déjà mis 10' dans la vue.

Le tour de la Citadelle par Jean-Louis

Manu et Jean-Louis en arrivant au sommet de Montsegur.

On est à 40km dans les pattes, je me rappelle la consigne de Manu "A Montségur, il faut être frais", bof on va faire avec. Etienne nous retrouve après la descente et nous demande si ca va ? "Va bene" je dis, c'est que tout va bien ou presque !! On a même le temps de poser pour une photo. Nous connaissons cette 2e partie de course que nous avons parcouru en entrainement il y a 3 semaines. C'est une très bonne chose de connaitre le parcours.

3e ravito atteint avec toujours qu'une heure d'avance sur la barrière horaire ce qui veut dire que sur ce tronçon, le plus dur de la course, on n'a pas gagné de temps mais on en n'a pas perdu non plus. Etienne est descendu à Montferrier, il nous dit que Jean-Louis M à 30' d'avance, il lâche les chevaux.

Une autre photo et on lâche les bourrins aussi mais seulement sur 50m car à peine nous voilà repartis que j'ai un léger filet d'eau qui me coule sur les mollets, le pressentiment d'avant le ravito 2 se confirme, ma poche à eau est percée, la Tuile...

He Jean-Louis ta poche à eau est percée !!

Manu repart me chercher une bouteille d'eau de 1,5L qu'il me colle dans le sac. En plus d'être mon poisson pilote, il va être ma source à eau.

De l'eau, de la boue, de la boue et encore de la boue...mes supers pompes sont très stables mais la toile du dessus est percée ce qui fait que de la boue est entrée avec des petits gravillons qui commencent à me faire très mal sous le pied. Je suis obligé au bord d'un ruisseau de faire un arrêt pour le grand nettoyage du pied gauche.

On attaque la montée de Roquefixade après 51km et 8h15 de course, je me sens très bien, je fais le rythme devant Manu. On inverse à la descente qui comme prévue est pleine de boue hyper glissante. 4e ravito atteint avec toujours 1h d'avance sur la barrière, on n'a pas ménagé nos efforts mais les multiples arrêts techniques nous ont fait perdre du temps.

La qualif se rapproche mais il reste 11km difficiles. Un 1er tronçon de 7km avec 4 belles montées et le 2e tronçon de 4km avec la fameuse montée de Raissac, 1km tout droit jusqu'au Cap de la Coume puis 3km de crête très chiante, pleine de cailloux jusqu'à la descente raide de 5' sur Lavelanet.

C'est à ce moment qu'on rattrape un 2e couple identique au notre, un poisson pilote et une mule, la différence est qu'ils viennent de Vendée, de Montaigu "La Digue la Digue". On décide de rester ensemble pour partager nos histoires, nos expériences et surtout faire passer les 11 km sans s'en rendre compte.

On finit tous les quatre dans la joie et la bonne humeur en 13h20.

Quel bonheur de retrouver à l'arriver El président avec nos 2 qualifs en poche.

Quelle belle aventure!! Grand merci à mon poisson pilote Manu.

 

En bas de la descente sur Lavelanet

Ligne d'arrivée en vue

Au 70,999km

C'est gagné pour La Diagonale des Fous