Grand Raid des Pyrénées (22 août 2015)

GRP - Grand Raid des Pyrénées 2015 by Oso

Le Grand (80km et 5000m D+)

GRP 

Comme d’hab avec Manu (l’autre Fou avec JLM de La Diagonale 2015) on se retrouve la veille du départ à Vielle Aure pour le retrait des dossards, manger notre salade de riz et faire une bonne nuit chacun dans sa voiture. La soirée est magnifique.

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Le sommeil ne vient pas si vite que prévu. Les éclairs versant Espagnol, la météo annoncée par les organisateurs au moment du briefing (pluie dans la nuit, temps maussade et orages tout le lendemain) et le stress d’avant course, m’empêche de m’endormir sereinement.

3h30 la montre sonne déjà alors que j’ai l’impression d’à peine m’endormir. J’écoute !! Aucun bruit, c’est déjà bon signe, il ne pleut pas. Manu ne bouge pas, ai-je bien réglé le réveil ? 2e contrôle, c’est bien la bonne heure. Dehors, plein d’étoiles, la journée s’annonce belle. J’oublie la fatigue et j’enfile ma tenue. Mon voisin émerge rapidement et nous prépare un bon thé chaud. 4h30, on entend au loin le speaker…ouah Oahu aoul …pour l’instant on ne comprend pas bien la langue.

Rien oublié ? C’est parti, frontale sur la tête, on est prêt à passer une longue  journée dans la montagne. Manu qui a déjà fait la course, va m’accompagner au début et espère comme en 2013 réaliser autour de 16h, de mon côté je vise 20h.

4h45, le speaker annonce ce matin une météo assez clémente avec peut-être des orages en fin d’après-midi. En cas d’orage, l’accès au sommet du Pic du Midi serait annulé. Ils ont également surestimé l’arrivée des 1er du 120 et du 160 partis le vendredi à 8h et 9h qui semblent être encore à 2h de l’arrivée.

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Sur la petite place de Vielle Aure, nous sommes 1200 au départ du 80 sur les 1400 inscrits. Manu avec toute son expérience, nous a positionnés sur les 1ers rangs pour ne pas courir trop vite au départ et éviter les bouchons dès la 1ere monotrace. 4h58, la belle musique du GRP dont je ne me souviens déjà plus l’air, annonce le départ. 5h00 pétante, nous voilà débordé de toute part par des MALAAADES !!

2km déjà réalisés presque à plat à 10km/h et nous voilà le vif du sujet pour 11,5km de montée et 1500m de D+  qui vont nous amener au Col du Portet via le Pla d’Adet et les pistes de ski d’Espiaube. Bien évidemment, on ne double pratiquement personne et bien au contraire, des centaines de grands malades nous rattrapent. Manu à cette petite réflexion : Le niveau est bien monté sur cette distance, mais je crois que le manque d’expérience prime. Juste avant une pente très raide (début de la Mirabelle pour les skieurs) qui nous amène au col, nous sommes rejoints par 2 collègues du PAC. La rudesse de la pente me fait lâcher prise sur ces 3 partenaires de club qui n’arrêtent pas de papoter. Après le col, il y a 260m D- pour rejoindre le 1er ravito situé au 15km, comme je veux faire attention à mon mollet, je descends tranquillement en adoptant une foulée au ras du sol. Je pointe 927e et déjà à 6’ de Manu. Je n’aurai plus l’occasion de le revoir, il va finir à la 122e place en 14h35 (Sans la fin du Pic du Midi). Son résultat et son expérience prouve qu’il ne sert à rien de partir trop vite.

De mon côté, je me sens très bien, le beau temps est au rendez-vous et j’enchaine une belle montée supplémentaire jusqu’au col de Bastanet (2507m), je commence à doubler plus de concurrents que ceux qui me doublent. Je prends même le temps de demander à un anglais de me prendre en photo, Thank You Sir. Very good photographe l’English.

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On enchaine avec la 1ere grosse descente vers le refuge de Campana Cloutou et les lacs de Gréziolles, sentier technique avec des cailloux jusqu’au barrage de Caderolle suivi d’une descente assez raide puis petit sentier technique jusqu’à La Mongie. Ma descente prudente, me fait perdre quelques places, j’arrive à La Mongie en 957e position en 7h07. Je me fais un gros ravitaillement et je repars confiant pour la suite…Merde il pleut et un vent glacial s’est levé. Demi-tour instantané à l’abri pour enfiler la veste de pluie. 2e tentative avec un peu moins de moral mais une légère descente en courant va me permettre de me réchauffer. Pas d’âme qui vive avec moi, j’attaque la longue longue remontée vers le col de Sencours et le Pic de Midi en rattrapant quelques coureurs. Pas de difficulté technique sur ce parcours si ce n’est les 1400m de montée. Presqu’au col, le soleil est revenu mais j’apprends par un spectateur que la montée au Pic est annulée à cause des orages menaçants. Du coup c’est 500mD+ et 7km de gagnés et 1h30 à 2h en moins. Je pointe au col 895e en 9h38. Ravito moyennement rapide à l’abri du vent et me revoilà parti pour 6,5km de descente jusqu’au parking de Tournaboup (Barège). À mon grand étonnement j’arrive au ravito en 845e place en 11h02, j’ai gagné des places en descente, c’est une 1ere !! On voit que la fatigue générale commence à se faire sentir. Pour ma part, je choisis de me faire une pause de 20’ avec bol de pates, soupe et changement de T-Shirt et chaussettes, c’est bon pour le moral.

Je repars 837e en 11h25 pour une nouvelle montée de 1029m D+, aucune difficulté jusqu’au pont du Pountou (1741 m). De ce point, sentier devenant de plus en plus chaotique avec le retour des cailloux et ça monte dur. Je double beaucoup de monde, je sais que j’ai la distance dans les pattes mais je m’inquiète des orages qui commencent à cogner et du ciel vraiment noir derrière la Hourquette que nous devons franchir. La pluie commence, il doit me rester 1/2h jusqu’à la cabane d’Aygues Cluses. J’enfile la veste et je repars tête baissée avec casquette et capuche pour éviter l’eau dans la figure. Le ciel est très zébré, je compte les secondes entre l’éclair et le boom qui suit. 5 à 6’’, la foudre n’est pas très loin, juste derrière La Hourquette.

J’arrive à la Cabane avec 2 japonais, il y a une dizaine de personnes autour, cela me semble normal car il y a un point d’eau jusqu’au moment ou un responsable nous indique de mettre des vêtements chaud car la course est suspendue depuis 5’ à cause des orages. On ne peut pas continuer pour l’instant.

20 longues minutes sous la pluie et le froid se passent pour nous annoncer que la course est arrêtée définitivement. 746 coureurs sont passés, je devais être dans les 760, pas de chance…

La fin est moins marrante, 1h30 de descente sous la pluie pour revenir à Tournaboup et 2h15 de bus pour nous ramener à Vielle Aure.

Je garde, malgré tout, un très bon souvenir de cette course et je me suis rassuré sur le rythme que je vais devoir mener à La Réunion. Le mollet semble s’être remis, il reste 2 mois avant l’objectif, la préparation suis sont court. Le prochain est le Trail de Piau 40km et 2900mD+ le 12/09 avec quelques Taras.