Luchon-Aneto-Trail (LAT) : LAT CHALLENGE (9 & 10 juillet)

Trail de la Oo LAT jpeg 2022

 

Tout a commencé il y a 1 an, le 11 Juillet 2021, après une petite balade de 45km/2800d+ dans le Luchonnais avec mes 2 acolytes de course à pied.

Et oui, après avoir affronté cette Vénasque 2021, une idée un peu folle germe dans nos 3 esprits quelque peu fatigués : le Challenge 2x40, enchainer la Oô le samedi et se refaire la Vénasque le dimanche ! (Un des 3, plus fou que les 2 autres, avait même émis l’idée que l’on s’aligne sur l’ultra, 85km/5300d+ !)

Et c’est donc avec ce projet un peu fou, mais encore si lointain, comme un objectif de l’année, que je vous rejoins un soir de septembre pour intégrer ce superbe groupe : les Taras…

Quelques courses de préparation plutôt encourageantes, notamment la Black Race début Juin (dont vous avez pu lire le CR), une prépa à peu près pas trop mal suivie et nous voilà finalement très rapidement début Juillet. Mélange de hâte (Beh ouai, ça fait quand même 1 an qu’elle trotte cette idée !) et de trouille (Plus de 80km et 5000d+ dans le weekend, perso, ça me fait un peu peur)

C’est en famille que nous arrivons donc à Luchon le jeudi soir, un peu d’acclimatation …

Retrait des dossards vendredi soir, on retrouve quelques copains (Julien, Benji et 1 de mes 2 compagnons du challenge), le briefing, 1 bière et il est temps d’aller finaliser les affaires pour demain. Réveil réglé sur 6h30 pour un départ à 8h30.

Nuit d’avant course classique, insomnies et doutes (Est-ce que j’ai rien oublié ? Compote ou pate de fruit au km23 ? Est-ce que c’était vraiment une bonne idée cette fondue à midi ?)

Réveil 6h28, p’tit déj léger et rdv 8h sur la ligne de départ. On se place au début du SAS <7h30. De mon côté, et au vu du chantier à venir, je me dis que 7h serait déjà un beau temps pour ce premier jour. On n’arrête pas de se le répéter, objectif du jour ; gérer ! Ne pas se cramer, le plus dur c’est demain !

Les cloches d’AC/DC et leur Hell’s Bells, classique des départs Luchonnais, lancent une belle journée ensoleillée.

C’est parti !

Une première partie jusqu’au 1er ravito aux Granges d’Astau assez roulante, en sous-bois, parfait pour se mettre en jambe ! Comme le dit mon pote Micka : « c’est des km faciles à prendre les gars, faut en profiter »

Première belle surprise du weekend, les amis et la famille qui devaient nous attendre au ravito sont en fait déjà là au village d’Oô, quelques foulées avec les enfants, les cris des fans, on continue vers les Granges.

Deuxième belle surprise (ça n’arrête pas !), Julien en mode reporter/assistance juste avant l’entrée du ravitaillement ! Petit boost au moral…

Un peu moins de 2h de course, 16km/900d+, on est dans les temps prévus. Et encore tous les 3 ensembles ! (Spoil, ça ne durera pas)

Arrêt rapide aux stands, on refait les niveaux des flasques (pas très bas, il fait encore bon), un peu de jambon et de fromage, un bisou aux copains et à la famille, le plein d’encouragements et ça repart en trottinant à l’assaut du Lac d’Oô. Faut dire qu’il y a Julien qui filme quand même !

On continue jusqu’au Lac toujours en sous-bois, on en profite, ça ne va pas durer. L’arrivée au Lac d’Oô et sa cascade en fond est, bien que connue et reconnue, toujours aussi belle. Puis direction Espingo (que l’on laissera pour continuer sur le GR10, direction SuperBagnères)

Point de passage Espingo, environ 21km/1700d+, on approche de midi, 3h25 de course.

De nombreux torrents permettent jusque-là de se rafraichir et de refaire le plein d’eau. On se dit qu’on a bien de la chance, que ça sera pas la même demain !

La vue sur le Lac d’Oô depuis là-haut vaut vraiment l’effort à fournir, quelques photos et je repars, on n’est pas venu faire du tourisme non plus !

La descente est technique, rocailleuse, elle n’est pas très longue, mais elle fait mal ! Dernière source, bien signalée, au milieu de la descente et on remonte direction le 2nd ravito.

Arrivée à SuperBagnères, 32km/2400d+, 5h50 de course. Mes 2 compagnons sont loin devant, la famille est là, j’avale un peu de jambon et de fromage, les seules choses qui passeront aujourd’hui et en avant pour 10km de descente, en commençant par les pistes de ski de la station, avant de rejoindre la forêt et la montée de la K-Bour (pour ceux qui connaissent) que nous prenons à l’envers (Beh ouai on descend nous, faut suivre !)

Je commence à deviner les thermes à travers les arbres, me dit que l’arrivée est très proche, avant de me rappeler que cette année la délivrance se trouve dans le parc du Casino, génial, quelques centaines de mètres de bitume, ça me manquait !

Peu avant la ligne d’arrivée, Julien, Anne, ma fille qui partage les derniers mètres avec moi, le reste de la famille derrière la ligne et une première étape de terminée ! 7h06, on est pas trop mal, je voulais <7h, tant pis. Je suis 103ème sur 200 du Challenge et vers les 270 sur 660 sur la Oô (Oô seule + Challenge)

Bilan de cette 1ère journée : en positif, les jambes vont bien, pas de crampes, pas spécialement de douleur, en négatif, l’alimentation qui est un vrai souci (je n’aurais réussi à manger qu’aux 2 ravitos) et de belles ampoules sous les 2 gros orteils. 2 problèmes à régler impérativement avant demain matin !

Mais d’abord, place à la récup’ ! Passage par l’espace restauration, les fruits frais, accompagnés d’une petite bière, elle aussi bien fraiche, puis retrouvailles avec Tiffanie, échange d’impressions et de sensations…

Une bonne douche à l’appart, petit apéro avec des copains inscrits sur la K-Bour le lendemain et direction le resto La Pique avec mes acolytes et nos familles respectives. Un bon repas, quelques verres, de franches rigolades, c’est aussi pour ça qu’on s’est lancé tous les 3 dans ce défi ! Et il est grand temps de regagner nos quartiers, on sait que la nuit va être courte.

Seconde nuit d’avant course, insomnies et doutes pour changer ! Auxquels s’ajoutent quelques légères douleurs musculaires… Quelle idée ce Challenge !

Réveil un peu plus tôt que la veille, aujourd’hui c’est départ 8h. Un petit vieux s'extirpe du lit... Au vu des difficultés d’alimentation de la veille, je tente un petit déjeuner plus costaud : assiette de pates, banane, barre de céréales, compote, régal !

Retrouvaille sur la ligne de départ avec mes comparses à 7h30. Je croise un pote du boulot, qui gagnera la K-Bour quelques heures plus tard (21km/1300d+, 1h39 !!!), sa tête quand je lui explique ce qu’on fait là… Puis les 2 fusées Taras, alias Nicoach et Julien, tranquillement installés dans le SAS élite. Ils ont l’air en forme. Plus que moi en tous cas !

Aujourd’hui, aucune pression, pas d’objectif chrono. Finir, prendre du plaisir, ne pas se blesser et ça sera déjà une super journée.

Étonnamment, s’accroupir pour la traditionnelle Ola du départ se fait avec bien moins de souplesse que le veille…

8h, AC/DC, départ ! Les jambes sont un peu raides, mais ça trottine pas trop mal. Comme la veille la 1ère partie est majoritairement en sous-bois, toujours assez roulant, mais un peu plus de dénivelé quand même ! 1 petit passage en descente avant la fameuse passerelle suspendue fait craindre le pire pour le retour, va falloir le remonter tout ça et à la fin !

Pas de difficultés particulières, on sent bien un petit manque de jus, mais les 15km/1200d+ qui nous amènent à l’Hospice de France sont « avalés » en 2h30. On reprend les valeurs sûres, famille, amis, jambon et fromage, un petit bouillon de légume pour faire descendre tout ça. Pause un peu rallongée pour un 1er ravito, mais l’arrêt express de l’année dernière à ce même ravitaillement m’avait fait mal quelques centaines de mètres plus loin.

Je ressors de ce ravito accompagné d’une ancienne collègue de boulot, le monde est petit ! Et c’est parti pour le Port de Vénasque, le but de cette journée quand même ! Une longue montée, tout juste ponctuée par les Boums, magnifiques lacs d’un bleu si profond qu’on rêverait d’y plonger (la température y est aussi probablement pour quelque chose !). On croise quelques coureurs qui redescendent, dossard à la main, la mine déconfite. Je comprends qu’ils abandonnent. Déjà !? Il se passe quoi là-haut !? Environ 2h pour ce morceau de 6km/1100d+ en plein soleil, puis l’arrivée au Port de Vénasque.

La vue à cet endroit, le panorama à 180° sur le massif de la Maladeta, l’Aneto, c’est à couper le souffle (si la montée ne s’en était pas déjà chargée) ! Petite pause, grignotage, photo et il est temps de se jeter dans la descente, puis la traversée de l’aride plateau avant de grimper vers le Pas de l’Escalette qui nous ramènera en France. Ce passage avait été mon cauchemar de l’année dernière, très chaud, à court d’eau, j’avoue que j’appréhende un peu. Finalement plus de peur que de mal, l’ascension vers la frontière n’est pas très longue, mais la fatigue commence à se faire sentir, on a tout de même dépassé les 65km et les 5000m de dénivelé positif depuis le départ samedi matin ! Et bientôt 6h de course depuis ce matin, peut-être normal de commencer à fatiguer…

Il me faudra 1h de plus pour rejoindre le 2nd ravito, toujours situé à l’Hospice de France, par une longue descente dans des chemins ravinés que je n’affectionne pas particulièrement, peut-être plus propice à un petit 36 qu’au 45 1/3 de mes Salomon !

Arrivée à l’Hospice retour, 7h de course pour aujourd’hui. La petite famille est là, ravitaillement à base de jambon, fromage, chocolat et bouillon de légumes, le même tout le weekend finalement, peut-être une piste à étudier pour les prochaines courses et c’est parti pour le dernier tronçon de cette belle aventure ! Ce dernier morceau je le connais, 14km, principalement en descente. Le parking de l’Hospice de France, une belle bosse bien roulante (1.5km/150d+), puis longue descente jusqu’à la passerelle annonçant la dernière bosse (vous vous rappelez, on en a parlé ce matin) et c’est l’arrivée qui se profile. Y’a plus qu’à dérouler…

14km/300d+ (et tellement de d- !), 1h45. Je ne sais pas combien de places je reprends sur ce dernier morceau, mais je ne vois plus grand monde courir, les organismes sont fatigués, abimés. 8h53, pratiquement 1h40 de plus que l’année dernière. Pas les mêmes conditions !

L’arrivée est géniale ! Encore et toujours ma fille qui fait les dernières dizaines de mètres avec moi en me criant sa joie, mes potes qui étaient sur la K-Bour qui hurle mon prénom une bière à la main et même le Speaker qui m’annonce, citant « les amis Taras de Muret » et mon classement au Challenge !! La grande classe !

On apprendra un peu plus tard qu’il y aura 80 abandons sur le Challenge et pratiquement 120 sur la Vénasque. Quelle hécatombe sur cette journée !

Les retrouvailles avec la famille, les copains, la (les !) bière(s) de récup’, la cryothérapie dans la Pique, tout s’enchaine. Un sacré weekend qu’on vient passer quand même !

Le chrono (15h59m55s pour 87km/5400d+) est anecdotique, si tant est qu’on puisse parler de chrono. Je termine 95ème sur 118 (pour 200 partants), ça aussi c’est anecdotique.

La joie et la fierté d’être allé au bout de ce chantier, elles, sont bien réelles !

Voilà mon (petit) CR de ce premier gros objectif de la saison, en espérant que vous prendrez plaisir à le lire, qu’il donnera envie à ceux qui ne les connaissent pas encore de venir découvrir les courses du LAT, y’en a pour tous les goûts !

Merci pour cette 1ère saison sous les couleurs Tarahumaresques, merci pour tous les encouragements, je vous souhaite à tous de très bonnes vacances, on se revoit bientôt pour de nouvelles aventures !

Guilhem