Val d’aran – Camins d’Hèr – by Kévin

Hey les Taras,

Voilà le récit de mon premier ultra!

Après quelques années à faire du court me voilà l’envie depuis 2 ans à flirter avec l’ultra…

Il faut dire que la paternité entraine plutôt bien à passer les nuits blanches, à fractionner ses repas, à patienter…bref à devenir endurant.

A force de regarder des extraterrestres sur YouTube, d’entendre les histoires des copainsTaras s’éclater et s’épuiser, avec ou sans bâtons… je veux moi aussi un dossard sur une 100K.

Le choix :

Le lieu et l’événement sont déjà décidés…. ça sera une course UTMB à côté de la maison: la CDH 110 au Val d’aran et ses spots de ouf!

Un ami « jéjé » va me suivre dans cette aventure, c’est encore mieux de pouvoir partager ça! Et pourquoi pas récolter quelques runnings stones au passage…

Mon plan :

Sur 6 mois, augmenter progressivement le volume des entrainements, sans trop miser sur la vitesse mais plus sur le renfo et la résistance. Quelques étapes clés permettent de jauger un peu où j’en suis (citadelles, semi de Pins Justaret et quelques off en montagne). Une petite tendinite du talon d’Achille me force à réduire la voilure en fin de prépa.

Le jour J :

Le circuit ne fait pas une boucle complète. Départ de Les en Espagne pour rejoindre Vielha, en passant par Baqueira et le parc National des Encantats. 110k et 6500D

Avec jéjé on décide de se suivre au max (de son côté plus d’expérience sur du long mais une prépa un peu hachée). Il avait déjà terminé l’an dernier la CDH en 23h30(raccourcie à 105k) , alors l’objectif était de faire mieux.

La veille l’orga réduit le parcours de 5km et 500d à cause des orages… Du moment que je dépasse la barre des 100 la pilule passe bien.

0k = Le départ est donné, je me sens bien même si rejoindre en bus le village m’a retourné le bide. L’envie est là et la pression (bien fraiche) m’attend à la maison. C’est maintenant qu’il faut en profiter !

3k = Déjà les bouchons… la même qu’aux Templiers l’année d’avant, ça bride un peu les jambes mais il me les faudra jusqu’au bout…alors c’est un mal pour un bien.

25k = 2500 de D+ ça calme un peu, surtout ceux qui ont décidé de courir les « petites » montées, ils clignotent pour la plupart. Je me tape la première côte derrière un chinois habillé comme une sortie de classe d’hiver, un trou derrière son legging me permet même d’apercevoir la lune en plein jour !

30k = 2ème Ravito : un type de l’orga nous indique de passer rapido car derrière nous ils prévoient un itinéraire bis à cause de l’orage, mon espagnol LV2 est mis à l’épreuve alors on trace ! A ce moment là je vois tous plein de messages Taras et ça fait du bien.

40k = Le point le plus haut du parcours le Port d’urets, est juste magnifique, heureusement car jéjé n’est pas au mieux de sa forme. On s’encourage en parlant et radotant nos plus belles années !

60k = 1ère base de vie à Salardu, nous avons pris la pluie et l’orage dans la descente de Baqueira , ça rafraichit et ç’est pas plus mal. On prend le temps, même de prendre un petit café. Je sens que mes talons chauffent, pas d’ampoule pour le moment et mon tendon d’Achille me laisse tranquille. Les feux sont aux verts, j’en profite pour passer un coup de fil à la family.

70k = On rentre dans les Encantas avec le couché de soleil, inoubliable !

80k = Je sens que mon plat de riz assaisonné d’un smecta ne font plus d’effet… on allume la frontale, le terrain est moins fun, piste forestière et descentes casses gueule (merci les bâtons) nous emballent pas.

95k = 2ème base de vie à Arties en 19h, nous sommes dans les temps prévus. Je décide de confirmer un diagnostic que je ressentais depuis 10k… Mes talons ne sont pas en « or » comme Ludovic Pommeret mais plutôt une multiprise pour ampoules…Je charge ! je ne suis pas le pire quand je vois certains dans le mal. On sait qu’une dernière courte montée mais sévère nous attend 3km avec 600 de D+ en pleine forêt. Cette fois pas un mot et aucune attaque est lancée, il nous a fallu 1h30 pour la passer…

100k = Jéjé me dit qu’il a des hallucinations puis ça frontale le lâche il finira scotché à mes fesses avec son flash de portable !…La descente sera longue.

105k = 4h du mat et 22h de course ensemble, objectif atteint avec la médaille autour du coup mais impossible de boire la bière pour le moment.

105+2k= Retrouver la voiture, pas loin d’une boite de nuit où deux mondes se croisent… mais avec la même envie: Aller se coucher!

En résumé:

22h de montagne c’est:

105km pleins les yeux et les pieds ça use ça use…

6000m de montée/descente ça pique ça pique…

10000 calories brûlées ça creuse, ça creuse…

20 gels/barres degueu à base de chocolat, de gingembre, de bananes, ç’est degueu, c’est degueu…

12l de boissons sucrées/salées, ça fait pipi, ça fait pipi…

2t shirts à jeter (pareil pour le slibard) ça fouette, ça fouette…

4 ampoules ça brûle, ça brûle…

Des centaines de supporters/trices espagnoles, ça vamos, ça vamos…

Des messages des copains/ines, ça fait rire et pleurer…

Finisher d’un ultra ce sont des souvenirs pleins la tête, et ça fait mal partout partout !

Ce que je referai :

Un nouvel ultra, vivement 2026!
Une bonne prépa
Garder le même état d’esprit = être là c’est une chance alors il faut en profiter
Prendre son temps à chaque ravito
Boire de la soupe
M’amuser et sourire tant que je peux

Et ce que je ne referai pas:

Ne pas prendre une deuxième paire de running
Mettre ma montre en mode « ultra »
Finir la nuit dans une voiture
Changer da marque de sparadrap anti ampoules la veille

Un grand merci pour vos messages d’encouragements et j’espère vous revoir rapidement sur la piste, même si elle ne me manque pas trop.

Passez de bonnes vacances d’été!

Ultracontent !

Kévin

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